





Titre

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En ce jour
Ce monde où pour ressembler à quelque chose, il faut être ; rien.
Ce monde où l’on prône la tolérance en étant intolérant avec la moindre idée en contre sens.
Ce monde où l’on préfère rayer une amitié au profit du bien-pensant instrumentalisé par le système
Ce monde où finalement personne n’est important à part vous-même.
Ce monde où l’altruisme n’est qu’un écran de fumée.
Ce monde qui défend tout et n’importe quoi sans admettre les problèmes potentiels de ce qu’ils défendent sans se préoccuper des victimes.
Ce monde est juste une gigantesque comédie.
On se déshumanise au nom de l’humanisme
On haïe au nom de la tolérance
On méprise au nom de la liberté
On oublie la victime pour plaindre le bourreau.
Bienvenue au XXIème siècle.
Nameless
Je ne sais plus vraiment quand cela a commencé mais une chose est sûr ; c’était la nuit.
En novembre, le soir tombe en journée, nous dînons vers 19H00 et déjà le ciel s’est transformée en un gouffre sombre parsemé quelques fois de paillettes iridescentes.
J’aime la nuit lorsque chaque lueur devient une vision pâle qu’enfante l’ombre et qui vous enchaîne les yeux, la lune lorsqu’elle se détache tranquillement de son par-dessus noir, et les fenêtres illuminées des voisins, quand les volets ne sont pas tirés je m’amuse alors à discerner les silhouettes peintes en ombre mimant je ne sais quel geste telles des figurines de papier dans les mains d’un enfant…
J’aime la nuit mais il m’arrive de m’ennuyer.
C’est par une nuit comme celle-ci que je le vis pour la première fois, tel un spectre luisant, sa face écrasé par la pression des vitres, ses yeux sans contours, des cheveux ou non je n’en savais rien.
Il nous épiait comme en cet instant.
De qui s’agit-il ?, pourquoi espionne-t-il ?, l’objet de sa curiosité est-il nous ou notre maison ? allez savoir… je pense que cette créature devait beaucoup s’ennuyer elle aussi.
Chaque nuit il surgit, sa face écrasé sur les carreaux, les soirs de neige, de vent et même de pluie, inlassablement le faciès étalé vers notre logis.
Il ne ressemble à personne, pourtant, dans le désordre de ses chairs je crus reconnaître un air de famille mais ce n’est ni mon père ni mère pas plus que mon frère… il ressemble à une boule d’ennui, une boule de nuit engluant ma maison.
D’ailleurs, pourquoi moi ? pourquoi moi et mes murs, mes ennuis et mes murs ressemblent aux ennuis et aux murs de n’importe qui ! les autres gens aussi aiment la nuit et ont des ennuis dans des murs tristes et fades de leur vie.
Pourquoi m’avoir choisis ?
Il aurait très bien pu pénétrer les vitres des voisin d’en face, le mois dernier ils ont voyagé en Italie et pour sûr leur vie est plus mouvementé, ils ont des choses à dire ! alors que moi je n’ai rien ! rien sauf que j’aime la nuit mais de moins en moins.
Il n’a jamais pipé mot, pas d’identité, ni intention… il aurait pu dire ; «monsieur, je me prénomme ennui, je suis là mais n’y prêtez pas attention, faites comme si de rien n’était je ne suis qu’une ombre qui vous épie» Jamais !.
Je me suis souvent demandé d’où il venait, de quelle nuit, de quelle forêt obscure, de quel pays, quel moment, de quel temps ou de quel monde… j’aurais pu ouvrir pour le lui demander mais jamais j’eusse seulement osé.
Peut-être nous enviait-il ? jusqu’ici nos ennuis n’étaient que ceux de n’importe qui, nous n’avions pas de réel souci, nous vivions dans la chaleur des lumières lorsque l’hiver arrive, nous étions paisible… avant.
Ah, nous aurions pu avertir les voisins, l’Italie, la police ! «hey ! venez tout de suite car il y a l’ennui dans la nuit ou la nuit dans l’ennui qui est collé aux carreaux et ce n’est certainement pas pour rien !»
oh, mais c’est qu’ensuite on en a eu des ennuis ! et non des moindres…
Il semblait les attirer et il était là à chaque fois pour nous espionner avec son horrible physionomie !
la fermeture de la boutique de mon père, l’accident de ma mère et la maladie de mon frère…
ce dernier était si désespéré qu’il en devenu muet.
Le voir, lui, telle une ventouse à la fenêtre nous regardant de ses deux points brillants qui lui servaient d’yeux n’arrangeait en rien les choses bien au contraire…
D’ailleurs dans ce visage miasmique il me semble bien y avoir vu se dessiner comme un rictus cosmique.
Il ne s’ennuyait pas en cet instant, il était heureux ! et s’amusait de tout cela ! il lapait notre malheur comme un chien assoiffé devant sa gamelle d’eau sale, il aspirait notre tristesse tel un vampire venu d’un conte des pays slaves ! il semblait bien oui que depuis le début il se délectait des plaies de mon ennui.
Depuis je le dévisageais.
Chaque jour ou plutôt chaque nuit.
Mais je savais bien que cela ne l’empêcherait pas de revenir et la nuit tombante il revenait ! et se collait à nouveau aux carreaux, sans bouger ni parler, il nous regardait, me regardait alors il a bien fallu que j’y mette fin !
C’est alors, que ce Samedi 6 Décembre 2004, par une nuit noire je me suis emparé du vieux fusil de mon père, mon frère qui lui ne disait plus rien ouvra la bouche pour laisser échapper un «vas-y !» ma mère malade se mit à frémir, elle ne pouvait plus rien faire d’autre depuis.
Avec rage j’ouvris la porte la faisant claquer sur le mur de la maison dans un effroyable son par cette épouvantable nuit et j’ai crié ; toi ! toi qui lape les plaies de nos ennuis, qui bois le sang de notre vie tu ne viendras plus dans aucune nuit ! je vais te tuer !
Il faut bien crier sur l’ennui dans la nuit pour l’effrayer.
J’ai tiré sans trop savoir sur qui.
Plus de voyeur, plus de chaires collantes, je ne voyais plus personne, sauf un homme, un homme dans la nuit et c’était : moi.
Il n’y avait ni lune ni étoile cette nuit là et j’ai aussi tiré sur elle pour qu’elle disparaisse.