Fumée

Les rêvent partent en fumée.. Alors, excusez-moi d’hinaler. Certains disent que la vie toute entière n’est qu’un rêve… Parfois, je me surprend à en manger les couleurs.. Je ne peux donc expliquer pourquoi les vomissures sont noires. J’aimerai bien attraper un nuage histoire de voir. Il y a un masque bleu nuit à qui j’aimerai tenir la main et me promener sous une voûte en velours au bord d’un lac aux eaux noires. Plisser les yeux devant les arbres frissonnants, et admirer des feuilles en forme d’étoile se détachants sur le paysage doux comme rêve.. À la couleur d’un océan.

Des robes au vent

Elle portait des roses et des clous sous sa peau,

Un bouquet de fleurs comme de l’opium dans ses mains, essuyant la rouille de ses cheveux clairs

Dans un mouvement soudain ; elles sont tombées.

Effleurant les doigts fins…

Sur de la dentelle de calais.

Dans se paysage opaque et un son d’herbes fraîches, sa voix résonnait :

: te souviens-tu d’un couché de lune gelée sous un lac  » ?

Bien au-delà du temps et du ciel,

Dans la pénombre de mes souvenirs chimériques, bien après que le soleil soit mort ; je retrouve le parfum épicé et brillant de ces nuits d’orage.

La terre humide sous mes pieds.

Nous avons porté des roses et des clous sous une robe faite de constellations odorantes, nous avons porté des bouquets épineux comme de l’opium dans nos mains.

Bien au-delà du temps et des vagues, nous ordonnons au ciel quand la pluie tombe et nous courrons sans cesse plus vite que nous-mêmes pour que jamais le temps ne nous attrape…

Un jour de Septembre

Le ciel s’assombrissait en ce mois de Septembre.

Mon sang s’est teinté d’une couleur sourde.

Le choc des cloches de fer résonne au loin et le vent se coupe.

Le serpent danse dans le ciel et la fosse se remplit.

Les souvenirs se mélangent et tournoient dans mon âmes…

23h33 : une mort infinie comme le temps qui passe…

Le lac noir

La contemplation de la mer infinie et millénaire est comme le reflet d’un miroir ; du berceau au funeste catafalque, la vie file comme un rêve. Le temps qui passe est une bénédiction pour la mort qui est essentielle à la vie sans quoi contempler la mer ne serait que vaste ennui.

L’existence se trouve entre ciel et eau, paradis et abîmes.

Tous les mystères de l’âme restent à découvrir…

Doucement je vole, frôlant de mes minces doigts le vent, chantant pour moi une oraison sans joie ni peine.

La musique nous apprend des mots invisibles que notre langue ne connaît pas.

Se fâner comme le lys dans sa prison de verre, la jeunesse dans nos mains vides laissant échapper les espérances…

Dans les yeux de la mer je contemple mon reflet, les larmes coulant sur un visage lisse… renvoyant l’image d’un avenir flétri comme l’hiver succédant au printemps.

Un éclair ouvrant le vitrail du ciel survint ;

Venant d’un royaume lointain, il descendit pour moi, chantant l’hiver ;

Les moyens de la nature ne peuvent êtres toujours maîtrisés par la peur des mois et des années, le temps laisse son empreinte mais voyant un visage éclairé, jamais ne le masquera.

Ne résistant pas ; mon regard captura le siens comme un plongeons dans un lac noir ;

J’y ai vu un interminable hiver…

Et la plus belle des constellations.

Neige

Porte-moi à la mer profonde et sombre.
Comme mon âme, mon corps se fâne dans un souffle automnal,
À l’intérieur gelé comme l’hiver.
L’affliction d’une voix douce m’entraîne à genoux vers un ailleurs.
Les nuits sont des larmes de chagrin qui embaument le parfum de la neige.
J’ai trouvé ton lit devant lequel je pleure.
Ton nom recouvert de mousse.
Un conflit éternel contre moi-même.
La douleur et ses chaînes tirant vers le ciel.
Je suis un solstice d’hiver à la vie construite de larmes gelées faisant tomber la neige les jours de mai… 

Rose

Je ne sens plus ce parfum de rose qui enveloppait mon âme de jeune fille;
Hermina n’est plus et je n’ai pas l’impression d’avoir grandi.
Mon esprit est comme une pièce inondée d’eau noire.
Des fleurs séchées sont dans un vase étroit.
Le miroir toujours debout.
Une lueur.
.
Le dos à la tapisserie.
Un homme aux cheveux noirs.
Il semblait plus grand.
elle parcourut à la bougie les traits de son amant dans les ombres délicates de ses songes et espérances.
.
Parfum de jasmin et d’encre.