La mort était beau

Je n’ai jamais pensé à la mort alors, elle y a pensé pour moi.
Une aube où les oiseaux chantaient dans les arbres en fumé, elle s’arrêta devant chez moi pour m’emmener. Une révérence et une présentation plus tard, j’étais dans son noir attelage.
Elle était un homme, et je n’avais pas peur.
Il était courtois, fort beau, grand coeur.. Alors, devant tant de galantes manières j’oubliais..
J’oubliais mes liens avec la vie, j’oubliais mes pensées, je mis même ma rancoeur de côté avec mes loisirs, ma tristesse, mon sourire, mon masque.
Nous avions passé l’aube, le jour et des perles de rosée s’écrasaient sur mon visage au crépuscule.
Il fît arrêter la diligence près d’une auberge. Le froid était glacial et la terre semblait se dérober sous mes pieds, quant à l’atmosphère, elle était si lourde qu’elle m’écoeurait.
-ce n’est rien, me dit la mort, ce sont juste les dernières gouttes de vie qui s’évaporent..
-bien… lui répondis-je.
Il me demanda de le suivre dans l’auberge, il prit pour moi une chambre.
-pour combien de temps? Demanda une ravissante jeune femme. Elle n’avait qu’un bras.
Il me regarda et dit dans un murmure : pour l’éternité ! .. Depuis lors ; j’attends. j’attends sans cesse, des siècles ont passés.
Point positif : chaque nouveau jour est moin long que le précédant..

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