Après la vie

Morte pour la liberté, j’étais bien mise dans ma tombe là où le ciel se revèle et fait flamber les ailes de papillon.
Je n’étais en ces lieux que depuis quelques heures et déjà il y avait couché à son tour un voyageur mort pour l’amour.
Par le destin, le voici mon voisin.
Il engagea la parole d’un ton vif : pourquoi es-tu couchés ainsi ?
<<pour la liberté mon ami>>, ai-je répondu avec courtoisie.
<<Moi c’est pour l’amour que l’on m’a jeté ici>>
liberté, amour… que de douces inepties, (ai-je rétorqué) puis, il se mit à rire en bon vivant.
<<nous aurons sûrement de doux moments ici à relater ainsi des secrets de mort>>
Et c’est ainsi comme des parents pour le soir réunis que nous avons échangé nos élucubrations riant des vivants, pauvres imbéciles qui croyaient nous faire du mal ! mal à qui ne profite jamais comme disait mon voisin fort sage.
Les voyages lui manquaient, parfois je l’écoutais pleurer d’outre-tombe, alors je venais dans sa chambre jusqu’à ce que la mousse vert-de-gris semblable à celle de mes forêts d’autrefois ait atteint notre bouche et effacé nos noms….

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