L’oiseau

L’oiseau mort était vide.
Dans les airs il était lancé, poupée d’un jeu innocent aux plumes grises ; l’oiseau qui sans cesse retombait dans le jardin d’été.
Hermina partait pour de longues ballades et revenait couverte de secrets de sous-bois et de pansements à la violette. Elle était une princesse avec une épée, les cheveux noués d’un ruban élégant et désuet, elle etait une petite fille sage et une guerrière intrépide alors…; on tue le monstre ! puis il tombe alors on le rammasse, il vole à nouveau (d’une autre façon), avant de retomber, c’est alors que l’on gratte le monstre et l’on se met de l’oiseau sous les ongles… pendant ce temps là, une vipère approche. Les vipères aiment les jambes des petites filles… Les petites filles ont une maman.
Dans une petite maison aux fenêtres ouvertes, volaient des rideaux blancs, la mamant était là… elle se regardait dans un grand miroir à l’encadrement fleuri. Une épaule, puis une autre… la vipère aux yeux clairs ne l’intéressait pas. L’éclat de sa peau, la douceur de ses lèvres était une contemplation des plus hypnotique. Elle avait oublié ou elle ne savait pas ; les vipères aiment les jambes des petites filles.
L’oiseau mort était vide. les os mous et les petites plumes grises… Il s’était arrêté de jouer au monstre et dormait sur le corps d’Hermina. L’oiseau qui sans cesse retombait, dans le jardin d’été.

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